LE FILM « ABBÉ JACQUES SECK », UN PORTRAIT D’UN APÔTRE DU DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN

 Le film documentaire « Abbé Jacques, prêtre musulman et imam chrétien » du réalisateur béninois, Gilles Arsène Tchedji, projeté, samedi, au complexe Sembène du Magic Land, présente un modèle, un apôtre du dialogue islamo-chrétien.
Il raconte 52 minutes de la vie d’un homme d’église, trait-union entre les religions au Sénégal, présenté en quelque sorte comme un humaniste « simple », aimé par son entourage et au-delà.
Abbé Jacques Seck qui aime Nelson Mandela comme son papa est remarqué par son style de prêche mélangeant les versets du Saint Coran aux paroles de l’Evangile et son rapprochement avec les différentes confréries du Sénégal.
La gaieté de l’abbé Jacques qu’il partage lors de ses messes, son parcours scolaire et surtout son entrée au séminaire sont relatés dans ce film à travers des témoignages et des anecdotes du personnage principal.
On sait alors que sa maitrise du Coran est le fruit d’un apprentissage effectué en Tunisie. Mais le film à travers son récit fait découvrir l’homme qui a dans sa bibliothèque des photos de Serigne Fallou Mbacké et d’El Hadji Malick Sy, ses origines au village de Palmarin Galou où il est né sur la côte ouest du Sénégal, son ordination effectué le 27 décembre 1969, entre autres facettes du personnage.
Présenté comme « imam, prêtre et saltigué », Abbé Jacques Seck voulait devenir député selon la volonté de son père qui adorait l’ancien président sénégalais, Léopold Sédar Senghor et Blaise Diagne, le premier député noir africain élu à l’Assemblée nationale française.
L’Abbé qui est aujourd’hui à la retraite après 45 ans au service de l’Eglise, était dans sa jeunesse un bon lutteur. Il adore la lutte sans frappe, en témoigne sa visite effectuée dans la salle d’entrainement au côté de Yékini, l’ancien champion de lutte avec frappe.
Ce film dont la préparation a duré 14 ans, est pour la réalisation une manière de rendre hommage à un homme, mais surtout de « témoigner de son amour pour le Christ et pour l’humain ».
C’est « un homme très ouvert », « visionnaire » et qui sait bien sentir les choses avant tout le monde, estime Monseigneur Benjamin Diagne, Archevêque de Dakar qui dit avoir connu l’Abbé Jacques Seck à l’époque où il était instituteur.
« Il est aussi audacieux et très curieux de se cultiver. Je l’ai connu étant petit séminariste, il était instituteur, je l’ai vu jeune vicaire dynamique, associant dans son enseignement ses connaissances théologiques avec l’adaptation au terroir », souligne l’Archevêque de Dakar.
Il ajoute : « je l’ai eu comme curé capable de mettre une ambiance de gaieté dans une équipe de travail, je l’ai connu studieux, et très ouvert au dialogue islamo-chrétien ».
Le directeur de la cinématographie, Hugues Diaz promet de soutenir la diffusion de ce film dans tout le Sénégal.
Gilles Arsène Tchedji par ailleurs écrivain et ancien journaliste au journal Le Quotidien où il a été responsable du desk culture pendant de nombreuses années, est aujourd’hui chargé de communication à la BCEAO.

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