Angola : le fils de l’ex-président dénonce un procès politique
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“Si je n‘étais pas le fils de l’ancien président de la République, je ne serais pas ici pour être jugé par vous”, a lancé Jose Filomeno dos Santos au juge Joao Da Cruz Pitra, qui préside les débats du Tribunal suprême.

Ex-patron du fonds d’investissement souverain angolais, M. dos Santos, 41 ans, comparaît avec trois autres prévenus pour détournement de fonds publics et blanchiment.

La justice leur reproche d’avoir transféré illégalement 500 millions de dollars de la Banque centrale angolaise (BNA) vers un compte Credit Suisse à Londres, dans le cadre d’une fraude qui leur aurait permis, selon le parquet, de détourner jusqu‘à 1,5 milliard de dollars.

Mercredi, Jose Filomeno dos Santos a répété que ce virement entrait dans le cadre d’un projet parfaitement légal qui devait permettre à l’Angola de bénéficier de 35 milliards de dollars de financements.

“Les 500 millions devaient être gérés selon un contrat signé entre la BNA (Banque centrale angolaise) et un consortium, qui n’a pas été exécuté parce qu’il a été annulé par le nouvel exécutif”, s’est-il défendu.

Premier des dos Santos devant la barre

“Je n’ai jamais été le partenaire ou le représentant d’une entreprise à qui la BNA a versé cet argent”, a insisté le prévenu. “Je n’ai fait que transmettre une lettre de projet à l’ancien président, qui m’a autorisé à assister à des réunions en tant que président du fonds souverain”.

Jose Filomeno dos Santos est le premier membre de la famille de l’ex-président poursuivi devant la justice. Surnommé “Zedu”, il avait été incarcéré en septembre 2018, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire en mars. Il risque de deux à douze ans de prison.

Son père Jose Eduardo dos Santos a pris sa retraite en 2018 après 38 ans d’un règne sans partage, pendant lequel il a mis l‘économie angolaise en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

Son successeur Joao Lourenço, ancien cacique du régime, a limogé les soutiens de l’ancien chef de l’Etat de la tête des institutions, des entreprises publiques et de l’appareil sécuritaire du pays, au nom de la lutte contre la corruption.

La famille dos Santos dénonce une persécution.

AFP

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